RIAD SOUAFINE

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Souafine patio

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mercredi 9 septembre 2020

Maroc: la reprise du tourisme ? Rien n'est moins sûr.

 

                    "Fôret" Jon LANE / Riad Souafine 2020


L'état d'urgence sanitaire qui devait s'achever le 10 septembre est officiellement prolongé jusqu'au 10 octobre. Le nombre de cas de contamination quotidienne au Covid 19 est exponentiel, entre 1300 et jusqu'à 2000 nouveaux cas par jour.

Les mesures de restrictions sont renforcées dans de nombreuses villes comme à Casablanca qui se retrouve totalement isolée et soumise à un couvre-feu draconien.

A la surprise générale une annonce du ministre des Affaires Etrangères semble ouvrir timidement l'accès au Maroc des étrangers (n'ayant pas besoin de visa) dès le 6 septembre et sous certaines conditions.

Un vent d'espoir a caressé les professionnels du tourisme mais il est retombé comme un soufflé sorti trop tôt du four car il ne s'agit pas d'une ouverture des frontières.

Les frontières terrestres et maritimes restent fermées et seuls les vols spéciaux mis en place cet été pour que les Marocains Résidents à l'Etranger (MRE) puissent venir passer quelques jours de vacances en famille sont autorisés à assurer les liaisons aériennes. Les vols commerciaux classiques sont toujours interdits !

Faut-il sauver les soldats Royal Air Maroc et Air Arabia à tout prix ? 

Ces compagnies qui avaient le quasi monopole des transferts cet été se retrouvent désormais avec des avions quasi vides depuis que les MRE ont repris le chemin de l'Europe.

Outre l'obligation de passer par ces compagnies pour se rendre au Maroc, les étrangers, que nous ne pouvons qualifier de "touristes" puisque le motif du voyage doit être "amical" ou "familial" devront présenter un test Covid PCR négatif de moins de 72H et surtout présenter une réservation d'hôtel confirmée car c'est bien connu quand on visite la famille ou les amis on descend dans un hôtel !

Cette dernière condition aura pour conséquence de générer de fausses réservations en ligne auprès des rares établissements encore ouverts.

Quant à ceux qui voudraient faire du tourisme au Maroc parions qu'étant donné les conditions locales ils ne seront pas nombreux.

Les restrictions de déplacement entre les huit plus grandes villes du Maroc sont maintenues, la capitale économique Casablanca est totalement fermée avec interdiction d'y entrer ou d'en sortir et soumise à un stricte couvre-feu. Des restrictions variées selon les villes ou régions limitent les ouvertures des cafés et restaurants.

La plupart des plages restent fermées et pour celles qui étaient ouvertes cet été comme dans la région d'Agadir leur accès est désormais interdit.

Depuis hier la magnifique région de Dakhla, appréciée des windsurfers ou des amoureux d'espaces sauvages désertiques, est interdite aux voyageurs.

Qui peut imaginer un touriste qui viendrait à Fès mais ne pourrait visiter Meknès ni même se rendre à Ifrane ou Azrou ?

Soyons un peu sérieux.

Si le Maroc avait ouvert ses frontières cela n'aurait guère modifié le profil de l'épidémie en tous cas bien moins que la célébration de l'Aïd el Adah qui a été le vrai accélérateur de la propagation du virus au Maroc. 

Il n'y aurait pas un afflux massif de touristes étrangers (ils ne sont pas fous) mais le signal aurait été perçu positivement et aurait été le moteur d'un redémarrage des réservations ou de programmation de la destination Maroc pour les prochains mois (octobre à décembre).

Nous ne sommes plus dans un système "on / off" où il suffirait de dire aux touristes "la porte est ouverte" pour qu'ils débarquent aussitôt et en masse !

Chaque mois de retard ce sont trois à quatre mois de perdus pour la relance !



vendredi 21 août 2020

1442 (2020): ANNUS HORRIBILIS

Résultat d’images pour 1442

 Bonne et heureuse année 1442.....

Souhait sincère mais si le cœur y est la réalité du monde limite les espérances de bonheur et de santé...

Que cette année puisse au moins rendre à la solidarité, la compassion et l'entraide leurs sens et valeurs oubliés.

Que l'intelligence et la raison dominent les fake news !

Au Maroc la situation Covid de maîtrisée est devenue incontrôlable.

Ce que beaucoup de marocains craignaient, le maintien de la fête de l'Aïd et les débordements qui se sont produits ont eu pour résultat une explosion du nombre de nouveaux cas de Covid (de 1000 à près de 2000 nouvelles contaminations quotidienne) et une hausse des décès passant de 1 à 2 à plus de 30 chaque jour.

Les hôpitaux commencent à être saturés.

En juin la décision de déconfiner le pays a laisser croire aux marocains que l'épidémie s'était envolée malgré l'évidence d'une réelle progression du virus dans toutes les couches de la population.

Depuis le gouvernement ne cesse de prendre des mesures et des contre-mesures donnant l'impression d'une précipitation permanente sans cohérence et au vu des résultats contre productive.

Exemple: en moins d'une semaine les laboratoires privés qui avaient obtenu la possibilité de réaliser des tests se sont vus retirés cette autorisation puis l'ont retrouvé subitement sans que l'on comprenne bien le pourquoi de ces allers retours.

L'épidémie est désormais partout sur le territoire et touche même les zones les plus reculées telle celle de Figuig qui vient de découvrir ses premiers cas.

Les chiffres officiels communiqués chaque soir ne sont que le reflet de la partie émergée des contaminations. En effet la majorité des gens qui souffrent des symptômes du Covid font tout pour ne pas se faire tester par peur d'être hospitalisés. Ils préfèrent croire à un mauvais "rhume" qui va passer, version light de la maladie,... ce qui est généralement le cas.

Le risque d'un nouveau confinement stricte plane sur le pays mais peut-il se le permettre ? Economiquement la réponse est non. La récession actuelle estimée à -5,8% pourrait atteindre des sommets et il faudrait des décennies pour remonter la pente. Les finances de l'état sollicitées pour aider les plus sinistrés ne pourraient faire face à une paupérisation généralisée.

Pour l'Etat (pour tous les Etats d'ailleurs) il est donc temps de prendre du recul, de faire une pause et d'analyser la situation sans passion ni peur.

La réalité est que le virus contamine massivement la population bien au delà des chiffres officiels.

Les hôpitaux publics sont saturés dans certaines régions car ils ne sont ni dimensionnés ni équipés pour faire face à toute épidémie mais les cliniques privées qui pullulent constituent un réservoir de lits mobilisables.

Le nombre de décès COVID (775 au 20 août) demeure très marginal dans les causes de mortalités au Maroc et cette année il a été largement compensé par la diminution des tués de la route (près de 4000 décès annuel) grâce au confinement et aux restrictions des déplacements.

Le pourcentage de décès Covid par rapport aux cas déclarés est de 1,5 % donc probablement  moins  compte tenu du nombre de cas non dépistés.

Au vu de ce que l'on constate en Europe depuis quelques temps, le virus circule de plus en plus mais il est de moins en moins virulent vu le peu d'augmentation de malades nécessitant une réanimation.

L'on recense à ce jour 167 candidats vaccins dont certains entrent en phase III (essais sur l'homme ) tels le candidat vaccin russe ou  celui du laboratoire chinois Sinopharm avec lequel le Maroc vient de signer un accord pour participer à l'essai de phase III sur 40000 volontaires en contre partie de la possibilité de le fabriquer au Maroc  s'il confirme son efficacité et sa non dangerosité pour l'homme.

Comme pour tous les nouveaux vaccins la prudence et le recul sont essentiels pour éviter la déception que l'on a connu avec le vaccin contre la dengue qui s'est avéré dangereux sur l'homme.

Ce qui semble certain c'est que ce virus ne va pas disparaître avant longtemps et même s'il perd en virulence il restera actif et dangereux pour les personnes à risque.

L'utilité du port du masque est avérée mais là encore un peu de modération serait bienvenue et surtout il faut investir dans l'éducation sanitaire. Des mesures trop contraignantes n'entraînent que le rejet. 

En l'état de nos connaissance du moment il est clair que le port du masque dans les lieux clos est indispensable ainsi qu'en extérieur dans tous les lieux où se concentrent les foules surtout si elles sont statiques (queues dans les souks, devant les magasins, attroupements festifs...) de même que lors des réunions familiales. 

Un autre constat mérite d'être fait sans se voiler la face.

Les marocains ne sont pas des chinois et ce qui a marché en Chine comme l'enfermement de population entière n'est pas réalisable dans notre pays et on le constate tous les jours. Le combat contre la circulation du virus est perdu il est donc plus qu'urgent de gagner celui de l'éducation sanitaire, faire comprendre aux gens que les personnes âgées, les personnes souffrant de pathologies chroniques comme le diabète ou des infections pulmonaires doivent être protégées par les mesures de précautions (masque, distance, désinfection...), de même tous contact prolongé avec une personne extérieure au cercle familial doit se faire avec le port du masque.

En ce premier jour de l'an 1442 que la foi soit l'alliée de la raison pour que demain la sérénité nous permettent de vivre des jours meilleurs. 


vendredi 31 juillet 2020

EID MOUBARAK ....... Célébration à hauts risques


EQBI / Riad Souafine
EQBI peintre / coll. Riad Souafine


Cette année la fête de l'Aïd se sera préparée et se déroulera dans des conditions particulières.
Compte tenu du contexte de nombreux marocains auraient préféré qu'elle soit annulée cette année comme le Roi Hassan II l'avait décrété à trois reprises (1963,1981 et 1995).

Malgré les mesures et interdictions prises par le gouvernement concernant notamment les déplacements (8 villes théoriquement fermées) et la tenue des souks de moutons, en pratique les débordements ont été nombreux comme ont peut le voir sur la vidéo ci dessous: 



Alors que hier ont a relevé un pic de nouvelles contaminations jamais atteint depuis le début de l'épidémie (+ 1046 en 24 heures) qui attestent du non respect des gestes barrières et des consignes sanitaires, il faudra donc s'attendre à une explosion de nouveaux cas dans les jours qui viennent. 

Ce qui fait craindre à beaucoup que dès la fête de l'Aïd passée des mesures draconiennes soient instaurées aggravant encore plus la crise économique actuelle. 

lundi 27 juillet 2020

Maroc: vent de panique


Max B. / Médina de Fès

Un vent de panique et le chaos se sont abattus sur le Maroc depuis dimanche provoqués par une série de mesures annoncées au dernier moment.

Hier à 18 heures le gouvernement annonce l'interdiction absolue de quitter ou d'entrer à partir de minuit dans 8 villes du royaume dont Tanger, Casablanca, Marrakech, Fès et pour au minimum 14 jours.

Conséquences immédiates la panique s'est emparée des populations et un exode massif s'est mis en branle. Il y avait ceux qui voulaient passer l'Aïd El Adha (31 juillet) en famille ailleurs que dans leur lieu de résidence, ceux qui étaient partis en vacances en bord de mer et qui ont dû quitter leur hôtel à toute vitesse pour rentrer chez eux avant minuit.
Résultats autoroutes embouteillées et accidents en cascade.

De mémoire de marocain ils n'avaient jamais connu cela.

Cela continue dans le genre annonce anxiogène, à Fès les magasins, cafés, restaurants et commerces devront fermer à 20 heures chaque jour pour une durée indéterminée.

Bien sûr ces mesures sont prises parce que le niveau des contaminations Covid a explosé ces derniers jours avec des pics de contaminations jamais atteints depuis le début de l'épidémie (811 le 25 juillet, 633 le 26 juillet et 609 ce 27 juillet) mais cela était totalement prévisible et aurait dû être anticipé.

Depuis le 10 juillet le peuple marocain est soumis a une série d'injonctions contradictoires qui émanent des différents ministères qui ont rendu les conditions de déconfinements ubuesques.

En voici un florilège:

Le tourisme interne va sauver les hôtels, les marocains doivent voyager au Maroc c'est presque une cause nationale.

Les hôtels ont le droit d'ouvrir à 50% de leur capacité, puis cela passe à 100% pour revenir à .... 0% faute de voyageurs.

Puis on dit, les marocains ne doivent pas voyager pendant les congés de la fête de l'Aïd Al Adha avant de fermer les principales villes pourvoyeuses de touristes.

Le sacrifice du mouton se fera mais les souks ne seront pas ouverts mais les éleveurs pourront organiser des points de ventes dans les quartiers. 

Le Maroc ouvre ses frontières aux marocains résidents à l'étranger mais pas aux simples touristes comme si les touristes étaient plus contagieux que leurs voisins d'origine marocaine. 

On rouvre des mosquées et dans le même temps on demande aux croyants de faire la priére de l'Aïd chez soi.

On a l'impression de vivre une communication à la  française comme celle que les français ont eu sur les masques inutiles devenus indispensables. 

Les réseaux sociaux bruissent, ragent et hurlent à l'incompétence de ce gouvernement et comme à chaque fois qu'il y a une crise dans le pays le peuple se tourne vers sa Majesté le Roi et l'implore de mettre fin à ce qu'il nomme "cette mascarade".

Dans la vraie vie aussi les mouvements d'humeurs se font nombreux, hier soir dans les quartiers populaires de Fès les gens sont sortis pour crier leur ressentiment.

D'autant que l'indemnité Covid du mois de juin au profit des salariés en chômage forcé vient à peine d'être distribuée. Les gens sont aux abois. 

Dans des secteurs comme le tourisme la crise va durer des mois encore et si l'aide n'est pas poursuivie au moins jusqu'en fin d'année ce sont près d'un million de familles qui vont se retrouver à la rue.

Le Maroc ne peut pas se permettre un tel plongeon dans l'abîme.

De plus en plus de voix s'élèvent pour reprocher au gouvernement de ne pas avoir annulé purement et simplement la célébration de l'Aïd car la majorité aurait compris la mesure puisque cette fête ne peut se faire sans brassage de population, sans déplacement d'une région à l'autre pour rejoindre ses proches, ses parents, ce qui est à haut risque de multiplication de clusters de contamination. 

Gouverner c'est prévoir et anticiper, nous en sommes loin.  


vendredi 10 juillet 2020

Maroc: frontières ouvertes et .... fermées !


Palmeraie de Figuig / Riad Souafine2020
Ce qu'il faut savoir:

* l'état d'urgence sanitaire a été prolongé d'un mois jusqu'au 10 août 2020

* le nombre de cas de contamination Covid ne cesse de progresser quotidiennement

* le pourcentage de décès reste très faible, 1,60%

L'annonce hier d'une ouverture en demi-teinte des frontières à partir du 15 juillet au matin a plongé les marocains d'ici et d'ailleurs dans un bel état de confusions et d'espérances déçues.

Riad Souafine 2020
 Synthèse de l'annonce:

Frontières:

* les frontières terrestres restent strictement fermées donc aucune possibilité de passage entre les enclaves espagnoles de Melilla et de Ceuta vers le Maroc.

* les liaisons maritimes ne seront réalisées que via les ports de Gènes (Italie) et de Sète (France)

* les liaisons aériennes seront exclusivement réalisées par les compagnies Royal Air Maroc et  Air Arabia

Qui pourra voyager ou pas:

* les marocains et les étrangers résidents au Maroc n'ont pas le droit de sortir du royaume ( une rectification postérieure laisse entendre que les étrangers résidents au Maroc pourraient en fait quitter le territoire...)

* les marocains titulaires d'un passeport étranger ainsi que
les touristes étrangers encore sur le territoire marocain  
pourront quitter le pays ainsi que les étudiants marocains détenant un visa étude pour l'étranger

* les marocains et résidents étrangers ayant leur domicile au Maroc actuellement bloqués à l'étranger pourront revenir sans possibilité de nouveau départ

* seuls les marocains résidents à l'étranger pourront voyager en aller / retour 

* les touristes étrangers n'ont pas le droit d'entrer au Maroc

Conditions sanitaires requises:

* un test PCR négatif réalisé 48h avant le départ doit être présenté à l'embarquement

* la prise de température et le cas échéant un test PCR seront réalisés à l'arrivée

* il n'y aura pas de quarantaine forcée mais une possibilité de mise en confinement sur le lieu de séjour durant 7 jours assorti d'un test de contrôle

Analyse et commentaires:

Les pressions de la diaspora marocaine devenaient trop fortes avec de plus en plus de commentaires acides sur la situation dramatique des marocains bloqués à l'étranger depuis quatre mois, sur le silence du gouvernement perçu au mieux comme un abandon et au pire comme un mépris du peuple.

La fête sacrée de l'Aïd el Adha (31 juillet) et  la grande migration estivale des Marocains Résidents à l' Etranger semblaient compromises. L'été ce sont environs 3,5 millions de MRE qui reviennent au pays.

Cette fermeture totale des frontières n'était pas tenable socialement.
Économiquement c'était se priver de la manne financière (en devises) que les MRE déversent à cette période au niveau des familles principalement mais aussi dans l'économie locale.
D'où cette mesure d'ouverture limitée des frontières, encadrée et en réalité saupoudrée car soyons lucide il ne sera pas possible d'assurer l'arrivée de 3,5 millions de MRE en moins de 10 jours, avec seulement 2 bateaux et quelques avions.

Cette mesure permettra à la compagnie Royal Air Maroc à bout de souffle de reconstituer à peine une petite trésorerie.

Ce matin faisant suite à l'annonce d'hier ce sont des centaines de marocains qui se sont précipités dans les agences de la RAM dans le vain espoir d'en savoir plus voire de pouvoir acheter des billets. Peine perdue, la RAM comme Air Arabia n'ont pas encore arrêté leurs programmes de vol et ne peuvent vendre aucun billet.....

Il en va de même pour les MRE qui anticipant l'ouverture se sont dirigés vers les ports du sud de l'Espagne dans l'espoir d'être les premiers à pouvoir prendre un bateau pour rejoindre Tanger. Ils n'ont plus qu'à faire demi-tour et se diriger vers le port de Sète... Cela promet biens des embouteillages et des tensions sur place.

Cette ouverture qui n'en est pas une ne sauvera pas non plus les professionnels du tourisme qui pour les trois quarts dépendent totalement des touristes étrangers. Sans la poursuites des mesures d'aides du type indemnité Covid au moins jusqu'en décembre ce seront plus de 700 000 emploi qui risquent d'être détruits.

mardi 30 juin 2020

Maroc: un été sans touristes étrangers ?


Nador: plage déserte / Riad Souafine 2020

 L'été 2020 ne ressemblera à aucun autre c'est une évidence. 
Covid 19 bouleverse la donne partout dans le monde.Le Maroc ne fera pas l'exception.

Le suivi des contaminations dans le royaume  montre depuis 15 jours une recrudescence du nombre de cas de contamination essentiellement dus à des clusters importants surtout dans les régions de Tanger et de Kenitra ainsi qu'à l'augmentation des tests pratiqués dans tout le royaume.
La majorité des nouveaux cas sont sans symptôme et le nombre de décès reste heureusement très bas.

Le déconfinement progressif ne semble pas provoquer une explosion des contaminations.
La vie quotidienne des marocains commence à retrouver un peu de normalité avec un prudent redémarrage de l'économie. 
La reprise des vols internes est effective depuis quelques jours.

Seuls les métiers du tourisme échappent encore à la reprise alors même que l'Etat s’apprête à débrancher les perfusions qui les ont aidés à survivre.

Le Ministère du Tourisme a simplement lancé une bouée de sauvetage, au travers du mirage du tourisme interne, à laquelle quelques professionnels désespérés se sont accrochés mais qui concrètement ne permettra pas de sauver le secteur.



En effet la crise aura appauvri les marocains, rares seront ceux qui pourront se "payer" des vacances cet été alors que l'Aïd el Kebir approche et que la rentrée scolaire plombera les familles.
Bien sûr les hôtels des stations balnéaires devraient attirer un peu de monde mais au prix de baisse drastique des tarifs, sans rentabilité, juste pour sauver quelques meubles...

Pour les autres ? Le désastre se profile. 
Qui peut imaginer que le marché local  délaissé depuis des décennies soit à même, en pleine crise, de remplir les hôtels et Riads des médinas ? 
Un marché cela se construit sur des années pas en deux semaines !

De plus les conditions sanitaires imposées aux établissements hôteliers sont draconiennes, si elles peuvent rassurer les voyageurs d'affaires, elles n'ont rien d'attirant pour les vacanciers.
Prise de température à tous moments, port du masque, contacts humains prohibés, désinfections permanentes (des mains, des pieds, des bagages...), distance physique, piscines fermées (dans certaines régions) sont des mesures qui sur le papier peuvent être utiles mais dont la mise en pratique transforme les vacances en cure  dans un sanatorium.

Autant rester chez soi ou aller dans la famille voire louer une villa bord de mer dans l'informel !

Quant à l'ouverture des frontières toujours aucune information officielle ne filtre. Les professionnels ont beau supplier le ministère de communiquer..... le flou reste total.

A ce jour les rares informations qui circulent relèvent du "On dit que...":
* ouvertures des frontières à partir du 11 juillet
* test Covid négatif réalisé avant l'embarquement
* prise de température à l'arrivée avec risque de mise en quarantaine si la température est supérieure à 37,2°
* quarantaine systématique pour tous (9 jours à l'hôtel en pension complète aux frais des voyageurs) avec tests PCR

Si ces informations étaient confirmées aucun touriste étranger ne fera le voyage au Maroc cet été.

Plus le gouvernement tarde à clarifier sa position plus il pénalise les professionnels, ampute son économie et devra assumer les licenciements massifs qui ne pourront être évités dans ce secteur.



Pendant que le Maroc se tétanise et se replie sur lui même, les autres destinations prisées du pourtour méditerranéen sont en ordre de marche et s'apprêtent à accueillir les estivants. L'Espagne, le Portugal, l'Italie, la Grèce, la Turquie et la Tunisie mettent tout en oeuvre pour sauver leur industrie touristique et damer le pion au Maroc.

Nous attendons (espérons) des précisions sur les conditions de voyages et d'entrées des étrangers aux alentours du 10 juillet et nous vous les diffuserons aussitôt bien qu'à cette date il sera bien tard pour organiser un séjour estival...
 

mercredi 10 juin 2020

Maroc: Bilan Covid 19 au 10 juin 2020




L'état d'urgence sanitaire vient d'être prolongé jusqu'au 10 juillet 2020.
Des mesures d'allègement du confinement ont été annoncées.
A l'image de ce que la France a mis en place, le Maroc a sorti un pinceau et mis des couleurs, rouge, orange et vert, sur sa carte et il prévoit deux niveaux de "déconfinement".

Niveau 1: déconfinement "rapide et progressif", liberté de circulation dans les zones vertes, ouvertures de certains commerces (magasins, coiffeurs, cafés) à 50% de leur capacité d'accueil. activités de plein air autorisées et parcs et jardins ouverts au public.

Niveau 2: pas de déconfinement

Pour tous les territoires les rassemblements, les mariages sont interdits, les mosquées et hammams restent fermés.

Un point sur la situation sera effectué chaque semaine pour modifier (ou pas) les conditions de vie.

Au vu des chiffres de l'épidémie on ne peut qu'être surpris de la frilosité des dirigeants.

Au 10 juin à 18 h le Maroc totalise:
8508 cas confirmés dont 211 décès et 7565 cas de guérisons, soit seulement 732 malades pour 33 millions d'habitants.

Lors du début de l'épidémie au Covid les décisions radicales prises ont été judicieuses et ont permis d'en contrôler le développement au prix d'un effondrement de l'économie marocaine et d'un coût social énorme dont les répercussions sont tout juste atténuées par un effort de solidarité national sans précédent.

Mais le maintien du confinement dans les principales villes du pays et la limitation de la reprise des activités vont aggraver la situation économique. Les licenciements et les faillites qui s'en suivront ne présagent rien de bon pour l'automne.

La situation des ménages les plus modestes (majoritaires) n'a cessé de se dégrader et devient critique surtout que se profile les dépenses liées à la célébration de l'Aïd El Kebir (31 juillet).

Les transferts d'argent des Marocains résident à l'étranger, surtout en Europe, accusent une baisse significative  dues aux pertes de revenus à cause de l'épidémie. Cette manne de devises qui sert de soupape aux familles démunies se réduisant, c'est tout un fragile équilibre social qui risque de céder.



Quant au tourisme le secteur vit une crise sans précédent et beaucoup d'acteurs ne s'en relèveront pas. 
Le maintien de la fermeture des frontières aux touristes étrangers (sans qu'aucune date d'ouverture ne soit annoncée) est une mesure qui creuse encore plus profond le précipice dans lequel ont sombré les acteurs.

Après 3 mois de fermeture totale et peut-être 4 ou 5 si rien ne s'ouvre d'ici le mois d'août nous allons assister à une hécatombe chez les hébergeurs, les transporteurs touristiques, les agences de voyage, enfin sur toute la chaîne de l'accueil touristique.

Pour ne rien arranger il se murmure (avec effroi) que la "transhumance estivale" des M.R.E n'aurait pas lieu cette année.

A ce jour l'Espagne, pays de transit, n'a reçu aucune confirmation sur la possibilité ou pas d'organiser cette opération qui en temps normal débute au mois de juin.
Les réseaux sociaux grondent, entre tristesse, colère et incompréhension, les marocains du monde veulent des réponses.

La seule annonce récente concerne les rapatriements de certains marocains coincés en Europe depuis 3 mois qui devraient commencer .... dans peu de temps. 
Dans un premier jet ce serait l'Espagne qui ouvrirait le bal avec 300 personnes rapatriées par semaine  dont en priorité celles titulaires d'un visa de courte durée ou malades ou en situation précaire.... Avec une mise en quarantaine de 9 jours dans un hôtel à leur arrivée au Maroc.

A ce rythme nombreux seront les marocains a devoir demander une carte de séjour à leur pays d'accueil !

La majorité des pays européens ont déconfiné leurs populations et  l'on constate que l'épidémie reste maîtrisée, qu'il n'y a pas de rebond.  
Le port du masque, la distanciation physique et la capacité à faire des test sont les éléments essentiels permettant de rendre la liberté dont les citoyens ont été privés.


lundi 4 mai 2020

Maroc: Bilan Covid 19 au 4 mai 2020


Médina de Fès / Riad Souafine 2020
Deux mois après le premier cas de Covid déclaré au Maroc,  les chiffres publiés par le ministère de la santé confirment les tendances positives de l'évolution de l'épidémie.

Au 5 mai 2020: 5000 cas confirmés et 177 décès enregistrés.
La progression des nouveaux cas est de 1,98% en 24 heures soit un doublement des cas en 17 jours au lieu d'une moyenne de 9 jours (Bilan du 20 avril).
Le pourcentage de décès par rapport aux nombre de contaminés descend à 3,54%.
Le nombre de décès ramené à la population est de 5,36 par million d'habitants soit un des plus faible du bassin méditerranéen et 20 fois moins que la plupart des pays européens.

Les éléments qui peuvent en partie expliquer ces données sont multiples et tiennent aux procédures mises en place par le Maroc:

Sociales:

- fermeture totale des frontières 10 jours après le premier cas importé
- état d'urgence sanitaire avec fermetures des écoles, cafés, restaurants, hammams, mosquées etc... 
- couvre-feu sur tout le territoire et renforcé pendant le mois de ramadan 
- réquisition de toutes les unités textiles industrielles ou artisanales pour la fabrication des masques de protection avec à ce jour une production de 7 millions de masques/jour
- obligation du port du masque en tous lieux

Sanitaires:
- isolement de toute personne contaminée, tests des personnes contacts
- traitement systématique de tous les malades selon le protocole du Pr Raoult de l'IHU de Marseille  (hydroxychkoroquine + azythromycine)
- prescription de corticoïdes pour les malades en réanimation

Le Maroc est loin d'être un pays riche et c'est peut-être une chance. 

La prise de décision en urgence est plus rapide car les risques, politiques et sociaux, dépassent largement ceux de la crise sanitaire. 
Il y a moins de niveaux décisionnaires qui s'ils ne paralysent pas les administrations des pays riches ralentissent fortement la mise en oeuvre des actions.
Il en est de même pour les décisions d'ordre médical qui sont appliquées sans délai, en dehors des batailles d'égo des "scientifiques" comme on a pu le voir en France et loin des pressions des "grands laboratoires" pour qui le marché local n'est pas une source de profit financier.

Le Maroc ne s'est pas posé de question, il a traité sans attendre les résultats d'études cliniques randomisées contre placebo sur des cohortes de milliers de patients !

Il a traité tous les malades car il eut été immoral de ne rien faire, de créer volontairement des pertes de chances. 

Pour le moment l'épidémie est maîtrisée, elle décroit même, le nombre de décès est remarquablement bas et l'on peut raisonnablement imaginer qu'elle s'éteigne d'ici à l'été.

D'ailleurs sans attendre la fin de l'épidémie dans le monde, plusieurs états ou hommes politique mettent en avant la qualité de la riposte marocaine face au coronavirus comme ils soulignent celles de pays comme la Corée du Sud, de Taiwan, du Vietnam ou de Singapour.






vendredi 24 avril 2020

Ramadan mubarak


Croissant Doré Avec Lanterne Lueur Pour Ramadan Mubarak | Vecteur ...


L'équipe de Riad Souafine souhaite à tous les musulmans du monde un mois sacré de Ramadan exceptionnel.

lundi 20 avril 2020

Maroc: Bilan Covid-19 au 20 avril 2020


Reflets / Riad Souafine 2020

Au Maroc, le bilan du  20 avril à 10 heures est:

Cas confirmés: 2990 ( 135 nouveaux cas soit +4,73% depuis hier)
Décès: 143 ( 2 nouveaux soit +1,42% depuis hier)

Sur les quinze derniers jours seuls les 16 et 17 avril ont enregistrés des progressions de plus de 10% contre une moyenne  d'environ 5,5% par jour.

Cela peut s'expliquer par une mesure prise la semaine dernière permettant à 6 CHU de réaliser les tests PCR in situ alors qu'auparavant les prélèvements devaient être envoyés à Casablanca ou Rabat et étaient publiés avec un décalage de 24 ou 48 heures.
A l'évidence il y a eu sur deux journées un cumul de résultats de test anciens avec ceux transmis en temps réel par les CHU.

Dès le 18 avril la progression des nouveaux cas est revenue à des pourcentages compris entre 4,7 et 6,5%.

Les faibles chiffres de l'épidémie du nouveau coronavirus au Maroc ont de quoi surprendre et posent question.
Certes dès la mi-mars le pays a pris un ensemble de mesures radicales pour limiter le développement de l'épidémie mais celles-ci n'expliquent pas à elles seules le peu de cas confirmés, moins de 3000 depuis début mars.

Cela tient du miracle surtout quand on constate sur le terrain les difficultés à faire respecter les mesures de distanciation et de confinement.

La région de Fès / Meknès arrive en troisième position en nombre de cas, après la région de Casablanca et celle de Marrakech.

A Fès les autorités ont du renforcer les mesures de contrôle vu les comportements à risques des populations de certains quartiers de la ville nouvelle et surtout de la médina où les habitants semblent tout ignorer de la situation, les souks de Boujould ou de R'Cif sont toujours bondés de gens agglutinés devant les étals et sans protection aucune. 

Les masques qui devaient arriver en masse jusque dans les épiceries de quartiers étaient encore introuvables ces derniers jours.

Résultat les autorités ont du procéder au bouclage de la ville par zones ou quartiers afin de limiter au maximum les déplacements intra-muraux.

Le principal centre commercial de la ville a été une importante source de contamination suivi depuis par d'autres grandes surfaces ce qui confirme malheureusement que les mesures d'hygiène et de distanciation n'étaient pas respectées.

Dans les quartiers bourgeois le confinement est mieux respecté, les gens ne sortant quasiment plus mais dans les quartiers populaires où les gens ont l'habitude de vivre au jour le jour avec peu de moyens financiers les habitudes sont différentes et disons le les préoccupations ne donnent pas la priorité à lutte contre le virus mais plutôt à la survie au quotidien.

Nous ne disposons pas de données épidémiologiques détaillées mais ici comme ailleurs les décès concernent  surtout les personnes âgées souffrant de facteurs de co-morbidité ou de malades diabétiques et/ou obèse.

Régime Burger / Riad Souafine 2020




samedi 11 avril 2020

Maroc: des milliers de touristes marocains bloqués en Europe


Touriste en rade ? Riad Souafine 2020

Seuls ou en famille ce sont des milliers de touristes marocains qui depuis le 13 mars se retrouvent bloqués en Europe, en Turquie voire même aux USA, le Maroc se refusant à organiser le moindre rapatriement par crainte d'importer sur son territoire de nouveaux cas de Covid-19. 

Ces touristes malchanceux vivent un véritable calvaire, loin de chez eux, de leurs familles, dans des pays fortement touchés par le coronavirus et souvent sans argent car même si des assouplissements sont apportés aux règles régissant la dotation touristique (les marocains ne sont autorisés à ne changer en devise qu'environ 4000€ par personne et par an) ils n'ont pas forcément les moyens d'alimenter ce compte devise.

En Europe la gratuité n'est pas la règle, contrairement à ce qu'il s'est passé au Maroc au début du blocus où les hôteliers ont hébergés gratuitement les étrangers en attente de rapatriement. 

Certes la diaspora marocaine se mobilise et il est rare qu'un marocain n'ait pas un frère ou un cousin en Europe où il ne puisse poser sa valise.

Pour combien de temps encore ? 

On parle d'une fermeture de l'espace Schengen  au moins jusqu'en septembre. 

Pour le moment les marocains coincés ne sont pas considérés comme immigrés clandestins puisqu'une dérogation temporaire de durée de séjour est appliquée mais rester des mois à la charge des autres ou à épuiser ses maigres économies pour survivre en France ou en Espagne sans date de fin de crise crée des situations dramatiques dont quasiment personne ne se fait l'écho.

Certains marocains désespérés et voulant fuir l'Espagne où l'épidémie fait des ravages se sont adressés à des passeurs qui pour 6000€ se faisaient fort de leur faire traverser la méditerranée dans le sens Espagne / Maroc !
Un comble !

Etant donné que les hôtels marocains sont vidés de leurs touristes n'est-il pas possible de les réquisitionner pour héberger le temps d'une quatorzaine les marocains qui seraient rapatriés, testés et confinés avant un retour à domicile ?

Tous les autres pays ont permis le retour de leurs citoyens bloqués un peu partout dans le monde, des rapatriements se poursuivent aujourd'hui encore dont un dernier vol vers la France est prévu pour ce mardi.

Les marocains bloqués en Europe ont le sentiment d'être abandonnés par leur pays, sacrifiés sans bien comprendre les raisons de leur mise au ban.

source 360.ma





mardi 7 avril 2020

Maroc: Bilan Covid au 7 avril


Coll. Privée / Riad Souafine 2020
Le Maroc vient de décider le port obligatoire d'un masque pour toute sortie des personnes autorisées à compté de ce mardi.
En cas de non respect de fortes amendes sont prévues.

Le prix du masque est encadré et il est fixé à 80cts de dirham.

Cette décision importante en matière de santé publique et de lutte contre la propagation du coronavirus a connu un gros problème de logistique. 

Après avoir annoncé que les masques seraient disponibles dans les supermarchés de la grande distribution et chez tous les épiciers de quartiers il s'est avéré que soit des établissements n'ont pas été approvisionnés soit pour ceux livrés ils ont été dévalisés par des clients (particuliers ou professionnels) qui ont acheté les masques en quantité astronomique.

Résultat à Fès en fin de matinée il n'était plus possible d'acheter le moindre masque !

Pour le respect d'une bonne distribution il est urgent de mettre en place un contrôle et un rationnement des ventes.

La production des masques est assurée par des entreprises marocaines qui sont mobilisées pour leur fabrication dans le respect des normes.

Le bilan de l'épidémie au 6 avril au soir est de:

 1120 malades (+9,70%) et de 80 décès (+14,29%)

La progression des nouveaux cas reste contenue avec un doublement tous les 7 jours.

Le pic de l'épidémie n'est pas encore atteint au Maroc mais les mesures draconiennes mises en place permettent d'en freiner la rapidité et donne un temps précieux au pays pour se préparer comme il le fait en ce moment à Casablanca où l'immense Salle d'Exposition est en cours de transformation en hôpital d'urgence Covid avec 700 lits de même que pour la salle Omnisport Mohammed V toujours à Casablanca qui va devenir un lieu d'accueil pour les malades.


Street Art "Hard Time" / Riad Souafine 2020